11 Octobre 2021

Comment développe-t-on une nouvelle variété de semence?

Il faut environ 10 ans de tests, d’améliorations et d’innovation pour développer une nouvelle variété. Entrevue avec Lucie Kablan, agronome et chercheuse en régie de grandes cultures, qui nous explique la démarche scientifique derrière la ferme de recherche de Sollio Agriculture.

Question : Pouvez-vous résumer les grandes étapes de la création d’une nouvelle variété?

Réponse : Le plus simple, c’est de l’expliquer à partir du schéma ci-dessous.

Schéma démarche scientifique

 

À l’étape du croisement (1), on sélectionne un papa et une maman. On prend le pollen du plant mâle et on le met sur la fleur du plant femelle. On obtient ainsi une graine.

On fait pousser un plant à partir de cette graine. C’est là que débute la phase de multiplication (2). Cette plante est récoltée et on utilise ses graines pour faire pousser plusieurs autres plants. On continue ce principe pour une 3e, puis une 4e génération. Résultat? On obtient beaucoup de plantes issues du même croisement initial (des mêmes parents). Il s’agit d’une semence fixée, c’est-à-dire que la plante et ses enfants vont partager le même code génétique.

À partir d’ici, c’est un principe d’élimination appelé sélection (3) qui entre en jeu. On a des milliers de plants de la même famille et on veut trouver les variétés les plus performantes. On sème donc tout cela sur nos parcelles et on choisit les meilleurs plants qu’on va reproduire (environ 20 %). On sème ces 20 %, on teste et on choisit encore les meilleurs 20 %. Et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on arrive à une vingtaine de variétés candidates. Parmi celles-ci, on en choisit une ou deux qui seront mises en marché.

Q : Ça fait beaucoup de travail! Est-ce qu’il y a d’autres choses que vous devez faire avant la mise en marché?

R : Oui. C’est là que mon travail commence! Avant de mettre en marché une nouvelle variété (5), on apprend à la connaître. Il y a une autre étape de tests aux champs (4) pour savoir comment aller chercher le plein potentiel de la semence.

Q : Qu’est-ce que vous cherchez à savoir exactement?

R : Ça dépend. Je travaille avec les conseillers spécialisés pour savoir quels sont les besoins d’information sur le terrain. Par exemple, on peut regarder quel taux de semis et quelle fertilisation utiliser sur la nouvelle variété. Est-ce qu’il y a une régie particulière qui permettrait d’en maximiser les rendements?

Q : Et qu’est-ce que vous faites avec cette information-là par la suite?

R : On vulgarise les résultats aux experts-conseils (6) qui, eux, partagent l’information sur le terrain. Les producteurs sont donc en mesure d’améliorer leur régie.

Q : Est-ce que vous testez autre chose que des nouvelles variétés?

R : Des tests sont réalisés sur des fertilisants, des produits de protection des cultures, de nouvelles technologies, etc. On ne met jamais en marché quelque chose qui ne fonctionne pas vraiment sur le terrain. C’est très important pour nous. On évalue les produits pour dire au producteur : « Tu peux avoir confiance. On l’a testé et il est adapté à tes conditions de production. » On veut que le producteur ait le meilleur rendement possible dans une optique d’agriculture durable.

 

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